"La Photographie peut être en effet un art: lorsqu'il n'y a plus en elle aucune folie, lorsque son noème est oublié et que par conséquent son essence n'agit plus sur moi : croyez-vous que devant les Promeneuses du commandant Puyo, je me trouble et m'écrie : " Ça a été "?"*

La contemplation d'un portrait où le regard nous fixe, nous fait oublier l'auteur ainsi que le modèle et nous mets dans un état de questionnement de l'essence de l'être.
Pour rendre l'expérience esthétique facilement abordable à travers le portait, le rejet d'un " cliché poétique " ainsi que tout ce qui remonte de l'anthropologie était essentiel.
Aussi, l'Opérateur qui souvent est alourdi par l'obligation d'accomplir un devoir pour être juger en tant que photographe, se trouve libre de tout attente vu qu'il restera anonyme et que capter des clichés de passeport, n'est qu'une tâche parmi pleines d'autres qu'il effectue durant sa journée. 
L’étrangeté de cet Opérateur me donne la liberté. Ma photo ne lui servira à rien, donc pas de nécessiter de transformer son corps et poser pour refléter l'image qu'il a de moi.

N'attendant rien et ne promettant rien en retour, dépourvu de tout et livrer à lui-même, le travail est traité en tant que discipline artistique et dans un degré zéro.


*Barthes, Roland. La Chambre Claire. Paris, 1980.

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